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Le Livre, tome II, p. 288-304

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 288.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 288 [304]. Source : Internet Archive.

chez le relieur. Mais une fois qu’il avait été condamné à mort par le dédain ou l’oubli des acquéreurs ordinaires, il ne tardait pas à être mis en pièces et destiné à divers usages, selon la qualité du papier. Le papier fort, bien collé, des anciens livres, servait à faire des sacs pour les treilles ; le petit papier, de format in-8 et in-4. fournissait des sacs à l’épicerie ; le petit papier mou et spongieux, sans résistance et sans solidité, était fondu pour faire des cartonnages. Que Dieu fasse paix à l’âme du bon et respectable Quillet, malgré les massacres de livres qu’il a si longtemps exécutés de sa propre main et non sans une affreuse jouissance ! « Bon an, mal an, me disait-il un jour en riant dans sa barbe, je travaille plus de 50 000 volumes. Mais, ajoutait-il avec onction, je ménage les livres de piété, car je les vends toujours bien, et tout habillés. »

Un autre fameux « équarrisseur » fut le libraire Devilly père, qui utilisa de la sorte les achats considérables, faits par lui, pendant la période révolutionnaire, « de livres et de manuscrits saisis par le district. Durant plusieurs années, conte M. Bégin[288.1], la principale occupation de Mme Devilly la mère, femme d’esprit et d’ailleurs très respectable, fut de séparer du texte les miniatures qui l’illustraient. On

[II.304.288]
  1.  E.-A. Béguin, Mémoires de l’Académie de Metz, xxive année, ap. Édouard Rouveyre, Connaissances nécessaires à un bibliophile, 5e édit., t. VIII, pp. 86-87, notes.  ↩