Le Livre, tome I, p. 171-195

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 171.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 171 [195]. Source : Internet Archive.

cher ensemble et de n’avoir mal ni à l’âme ni au corps », écrit l’aimable et sage Ducis (1735-1816)[171.1], précisément à Bernardin de Saint-Pierre.

C’est Ducis encore qui, d’accord avec sa devise : Bene vixit qui bene latuit, disait[171.2] : « La solitude est plus que jamais pour mon âme ce que les cheveux de Samson étaient pour sa force corporelle ».

L’âpre moraliste Chamfort (1741-1794) déclare qu’ « il faut vivre, non avec les vivants, mais avec les morts, » c’est-à-dire avec les livres[171.3]. C’est lui

[I.195.171]
  1.  Lettre du 6 pluviôse an XII, Lettres de Ducis, édit. Paul Albert, p. 163. (Paris, Jousset, 1879.)  ↩
  2.  Lettre du 22 ventôse an XII, op. cit., p. 169 ; et lettre du 2 avril 1815, op. cit., p. 376. Cf. aussi Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. IV, p. 384.  ↩
  3.  Dialogue XXIV (Œuvres choisies, t. I, p. 184. Paris, Dubuisson, Bibliothèque nationale, 1866. 3 vol. in-16). Cf. la réponse de L’oracle à Zénon le stoïcien sur le meilleur genre de vie et la règle capitale de conduite à adopter : « Converse avec les morts » (avec les livres). Et, selon le conseil du bibliographe lyonnais Bollioud-Mermet (1709-1793) (Essai sur la lecture, p. 124 ; Lyon, Duplain, 1765) : « Que le commerce des morts nous apprenne à converser avec les vivants ». « … Accoutumons-nous de bonne heure à connaître le prix de la lecture, à l’aimer, à la goûter, à la faire fructifier en nous, dit encore Bollioud-Mermet. (Ibid.) Consacrons-lui notre loisir. Comprenons que l’état de l’homme oisif et sans étude est une privation de vie, une sorte de sépulture : « Otium sine litteris mors est, et hominis vivi sepultura ». (Sénèque, Epistolæ, 82.) Ne bornons pas notre zèle à une spéculation vaine et stérile…. Que le bon usage des livres justifie le choix que nous en aurons fait ; et que la doctrine saine que nous y puiserons soit toujours la base de nos maximes, le principe de nos actions, la règle enfin de nos devoirs, de nos mœurs et de notre conduite. »  ↩