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Le Livre, tome II, p. 142-158

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 142.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 142 [158]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 143.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 143 [159]. Source : Internet Archive.

que dérangement : l’essentiel est qu’elles soient vives. Mais soyez tranquilles sur le résultat : toutes celles de ces admirations qui sont bien fondées, et si lui-même, lecteur, en son âme secrète, n’est pas devenu, dans l’intervalle, moins digne d’admirer le Beau, toutes ou presque toutes gagneront et s’accroîtront à cette revue sincère : les vraiment belles choses paraissent de plus en plus telles en avançant dans la vie et à proportion qu’on a plus comparé. »

Et, pour conclure :

« Sachons bien que la plupart des hommes de ce temps qui sont lancés dans le monde et dans les affaires ne lisent pas, c’est-à-dire qu’ils ne lisent que ce qui leur est indispensable et nécessaire, mais pas autre chose[142.1]. Quand ces hommes ont de l’esprit, du

[II.158.142]
  1.  Cf. le mot de Mme Swetchine (Pensées, ap. comte de Falloux, Mme Swetchine, sa vie et ses œuvres, t. II, p. 88) : « On lit tout à présent, hors les livres » ; et Charles Nodier (l’Amateur de livres, dans les Français peints par eux-mêmes, t. II, p. 82) : « (Les bibliophiles disparaissent) … Aujourd’hui l’amour de l’argent a prévalu : les livres ne portent point d’intérêt…. Nos grands seigneurs de la politique, nos grands seigneurs de la banque, nos grands hommes d’État, nos grands hommes de lettres, sont généralement bibliophobes. »  ↩

Le Livre, tome II, p. 074-090

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 074.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 074 [090]. Source : Internet Archive.

à de simples indications ; d’autres fois je transcris mot à mot des morceaux essentiels ; souvent je les accompagne de quelques notes, et souvent aussi j’y place ces pensées du moment, ces illuminations soudaines qui s’éteignent sans fruit si l’éclair n’est fixé par l’écriture. Porté par le tourbillon révolutionnaire en diverses contrées de l’Europe, jamais ces recueils ne m’ont abandonné ; et maintenant vous ne sauriez croire avec quel plaisir je parcours cette immense collection. Chaque passage réveille dans moi une foule d’idées intéressantes et de souvenirs mélancoliques mille fois plus doux que tout ce qu’on est convenu d’appeler plaisirs. Je vois des pages datées de Genève, de Rome, de Venise, de Lausanne. Je ne puis rencontrer les noms de ces villes sans me rappeler ceux des excellents amis que j’y ai laissés. » Etc.

« La lecture ne fut jamais pour Mme Swetchine (1782-1857) un simple délassement, écrit le comte de Falloux (1811-1886)[074.1] : un livre ne sortait de ses mains qu’annoté, commenté, copié quelquefois presque dans son entier. La première date de ces énormes extraits remonte à 1801, c’est-à-dire à sa dix-neuvième année, seconde année de son mariage. Ces recueils ne sont point des albums de luxe, ce sont des cahiers de papier commun, couverts d’une

[II.090.074]
  1.  Mme Swetchine, sa vie et ses œuvres, t. I, pp. 36-37. (Paris, Perrin, 1900.)  ↩