Mot-clé - Figuier (Louis)

Fil des billets - Fil des commentaires

Le Livre, tome III, p. 039-053

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 39.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 39 [053]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 40.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 40 [054]. Source : Internet Archive.

Le kaolin et le sulfate de chaux ont pour but de donner plus de poids, plus de charge au papier. « Une certaine quantité de kaolin donne au papier une apparence plus belle et plus fine, un grain plus doux…. Le kaolin, s’il est mis en excès, a l’inconvénient de rendre le papier cassant. N’étant autre chose qu’une poussière minérale, il accroît le poids et le volume de la pâte ; mais il remplit les intervalles qui existent entre les fibrilles sans se feutrer, s’entre-croiser avec elles. On fait également entrer le kaolin dans la pâte des papiers d’impression qui ne sont pas collés. Le kaolin a plus d’inconvénients, dans ce cas, et, s’il est employé en trop grandes proportions, il devient une véritable fraude de la part du fabricant[039.1]. »

La gélatine, la résine, la fécule et l’alun servent à coller ou encoller le papier.

Le collage ou encollage à la gélatine, dit collage animal, s’emploie surtout pour les papiers à la main, qui ne peuvent être encollés qu’après la mise en feuilles[039.2]. « En Angleterre…, les fabricants, qui pro-

[III.053.039]
  1.  Louis Figuier, op. cit., p. 241. Il ne faut pas oublier que le kaolin, aussi bien que le sulfate de chaux, ou encore le sulfate de baryte, mêlés au papier, « usent rapidement les caractères d’imprimerie, en altérant chimiquement ces caractères ». (Id., op. cit., p. 263.)  ↩
  2.  Cf. id., op. cit., p. 248. Contrairement au papier mécanique, le collage du papier vergé, et, d’une façon plus générale, de tout papier de cuve, de tout papier à la main, se fait à la main, après séchage. A cet effet, les feuilles sont plongées dans de larges récipients contenant le bain préparé à cette intention, puis elles sont de nouveau étendues et séchées. Sur le papier ainsi collé superficiellement, le grattage est impossible ; en tout cas, il serait vite décelé ; c’est pour cela que, parait-il, les papiers timbrés sont ainsi collés. » (Émile Leclerc, Nouveau Manuel complet de typographie, p. 548.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 038-052

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 38.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 38 [052]. Source : Internet Archive.

A la pâte de bois nombre d’ingrédients sont ajoutés, selon la qualité et la sorte de papier qu’on veut obtenir : gélatine, résine, fécule, alun, kaolin (terre à porcelaine), sulfate de chaux, etc. ; on y ajoute même et très souvent des chiffons. Les dosages de ces diverses matières varient de fabrique à fabrique, et sont presque toujours considérés comme « un secret du métier[038.1] ».

[III.052.038]
  1.  Louis Figuier, op. cit., p. 241.  ↩

Le Livre, tome III, p. 032-046

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 32.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 32 [046]. Source : Internet Archive.

porte en bloc cette pile, dite passe ou porse, — ou, plus exactement encore, porse-flotre[032.1], — sous une presse hydraulique ou à main, et on les comprime pour en faire complètement sortir l’eau et hâter la dessiccation. Ou désintercale ensuite les feuilles, on met en tas d’un côté les feutres, de l’autre les feuilles de papier, les passes blanches ou porses blanches, qu’on replace de nouveau sous la presse et qu’on comprime encore, puis qu’on porte à l’étendage, qu’on fait sécher, jusqu’à ce qu’elles soient absolument solidifiées et fermes, maniables sans risques ni difficultés.

Le papier à la forme — et c’est en quelque sorte

[III.046.032]
  1.  On nomme passe ou porse le paquet de feutres ou flotres destinés à être placés entre les feuilles de papier ; — passe-feutre ou passe-flotre, porse-feutre, ou porse-flotre, le paquet de feuilles qui viennent d’être fabriquées et sont encore intercalées avec les flotres : — passe blanche ou porse blanche, le paquet de feuilles dont les flotres ont été retirés. (Cf. id., op. cit., p. 90 ; Louis Figuier, op. cit., p. 246 ; et Larousse, op. cit. ↩

Le Livre, tome III, p. 031-045

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 31.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 31 [045]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 32.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 32 [046]. Source : Internet Archive.

sur une pièce de feutre ou flotre[031.1], où, semblable à une crêpe, la feuille de pâte, c’est-à-dire de papier, vient se déposer, se coucher.

Le plongeur retire de la cuve sa seconde forme, à laquelle il fait subir la même opération qu’à la première. Le coucheur, en rapportant la première forme, prend cette seconde, qu’il va de même retourner sur un second feutre, placé sur la première feuille ; et, sur cette seconde feuille, il applique un troisième feutre destiné à recevoir la troisième feuille, etc.

« Ainsi l’on voit qu’au moyen de deux formes, qui sont toujours en mouvement, il n’y a point de temps de perdu : pendant qu’une forme se plonge, l’autre se couche ; quand le plongeur passe une forme au coucheur, il en reçoit une autre qui est vide, sur laquelle il pose la couverte, qu’il retire de dessus la première, et il plonge de nou­veau[031.2]. » Bien entendu, « les deux ouvriers doivent prendre soin de régler leurs mouvements, pour bien travailler d’accord, afin que l’un n’ait pas à attendre l’autre[031.3]. »

Lorsque les feuilles de feutre et de papier, ainsi intercalées et superposées, ont atteint une certaine hauteur, sont au nombre de 150 ou 200[031.4], on trans-

[III.045.031]
  1.  Le mot flotre, qu’on écrit aussi flôtre, s. m., « est une altération de feutre ». (Littré, op. cit. ↩
  2.  Lalande, op. cit., pp. 54-55.  ↩
  3.  Louis Figuier, op. cit., pp. 244-245.  ↩
  4.  M. G. d’Avenel (op. cit., p. 54) dit 800 feuilles. Louis Figuier (op. cit., p. 246) dit : La passe se compose de 6, 7 et 8 mains » (soit, — la main étant de 25 feuilles, — 150, 175 ou 200 feuilles). On nomme quet « l’assemblage et le nombre de 26 feuilles de papier avec leurs feutres ». (Littré, op. cit.) « Les ouvriers de cuve appellent un quet l’assemblage de 26 feuilles ; la porse est composée d’un certain nombre de quets, qui varie suivant la grandeur du papier. La porse de couronne a 10 quets, ou 260 feuillets, c’est-à-dire une demi-rame, et 10 feuilles de plus pour indemniser le fabricant du cassé. La porse n’est quelquefois que de 100 feuilles, lorsqu’on travaille dans les plus grandes sortes. » (Lalande, op. cit., p. 57.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 026-040

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 26.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 26 [040]. Source : Internet Archive.

d’Essonnes, Louis Robert[026.1], et maintes fois perfectionnée depuis, ce mode de fabrication est l’exception. Voici succinctement en quoi consistait et consiste encore, sauf quelques modifications de détails, la fabrication du papier à la forme, dit aussi papier de cuve et papier à la main.

Après avoir lavé les chiffons et les avoir défilés[026.2], les avoir broyés et triturés dans des récipients, appelés piles, garnis de lames tranchantes, on procède

[III.040.026]
  1.  Nicolas-Louis Robert, né à Paris en 1761, mort en 1819. « … Revenu à Paris en l’an II de la République, Louis Robert fut d’abord correcteur d’imprimerie chez Pierre Didot. Ensuite il suivit Léger Didot, fils de Pierre Didot, qui venait de créer la célèbre papeterie d’Essonnes. Louis Robert reçut la direction du bureau et des trois cents ouvriers de cette importante usine. C’est en 1799 qu’il conçut le projet de sa machine…. Robert avait vendu, moyennant 25 000 francs, son invention à Léger Didot. Celui-ci n’ayant pas exactement rempli les conditions stipulées, l’inventeur lui intenta un procès et le gagna. Robert transporta alors sa machine à Darnetal, près de Rouen, où elle fonctionna pendant quelque temps. Plus tard, un arrangement eut lieu entre les deux parties. En 1814, Louis Robert n’ayant pas trouvé l’argent nécessaire pour renouveler son brevet, la machine à fabriquer le papier continu tomba dans le domaine public…. Louis Robert mourut en 1819, laissant pour toute ressource à sa femme et à ses deux filles le revenu d’une école primaire tenue par sa fille aînée, Marie-Eugénie. Lorsque Marie-Eugénie Robert fut devenue vieille et infirme, nos fabricants de papier s’intéressèrent à elle…. Quant à l’inventeur, il avait eu le sort ordinaire des grands inventeurs : la misère. » (Louis Figuier, op. cit., p. 206.)  ↩
  2.  Il vaudrait mieux dire effilés. « On défile ce qui est enfilé ; on effile ce qui est tissu avec du fil ; défiler des perles ; effiler du linge. » (Littré, Dictionnaire, art. 1. Défiler.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 024-038

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 24.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 24 [038]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 25.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 25 [039]. Source : Internet Archive.

moyen de le façonner avec la terre où pourriront nos corps. C’est sur cette ordure qu’on nous imprime, et voilà une fameuse leçon pour l’orgueil de nos constructeurs de monuments ! Ces feuilles, faites avec rien, se décomposent en quelques années, se tachent, s’usent, se déchirent, redeviennent poussière et cendre, et rentrent avec avidité dans le néant dont elles n’auraient jamais dû sortir[024.1]. »

Exposer par le menu les divers procédés employés pour la fabrication du papier dépasserait de beaucoup les limites fixées à notre travail ; nous nous bornerons à résumer les principales de ces opérations, en renvoyant, pour les détails, aux traités et documents spéciaux[024.2].

[III.038.024]
  1.  Paul Stapfer, Des réputations littéraires, Épilogue, Quatre Consolations, t. II, pp. 428-429. (Paris, Fischbacher, 1901.) Cf. aussi Voltaire, la Guerre civile de Genève, poème héroïque, chant IV (Œuvres complètes, t. VI, p. 490 ; Paris, édit. du journal le Siècle, 1869) :
    •  Tout ce fatras fut du chanvre en son temps ;
      Linge il devint par l’art des tisserands,
      Puis en lambeaux des pilons le pressèrent ;
      Il fut papier : cent cerveaux à l’envers
      De visions à l’envi le chargèrent ;
      Puis on le brûle, il vole dans les airs,
      Il est fumée, aussi bien que la gloire.
      De nos travaux, voilà quelle est l’histoire ;
      Tout est fumée, et tout nous fait sentir
      Ce grand néant qui doit nous engloutir.  ↩
  2.  On peut consulter, par exemple, outre les ouvrages de Louis Figuier (1873-1876), Georges Olmer (1882), G. d’Avenel (1900), C.-F. Cross et E.-J. Bevan (1902 : traité des plus récents et des plus complets), déjà mentionnés par nous : Lalande (Joseph-Jérôme Le Français de Lalande, connu surtout comme astronome : 1732-1807), Art de faire le papier (sans lieu ni typographe ni date [1761] ; in-folio, 150 pp., xiv planches) ; — Paul Charpentier, le Papier (tome X de l’Encyclopédie chimique, publiée sous la direction de M. Fremy ; Paris, Dunod, 1890 ; in-8) ; — G.-A. Renel, la Fabrication actuelle du papier : la Nature, 18 janvier et 15 février 1890, pp. 99-103 et 167-170 (deux très bons articles) ; — V. Mortet, le Papier, le Papier au moyen âge : Revue des bibliothèques, 1891, pp. 195-207 ; et 1892, pp. 349-350 ; — Jolivet, Notice sur l’emploi du bois dans la fabrication du papier : Exposition universelle de 1878 (Paris, Imprimerie nationale, 1878 ; in-8, 15 pp.) ; — Philipon, député, Rapport fait au nom de la Commission des douanes chargée d’examiner le projet de loi relatif à l’établissement du tarif général des douanes : Pâtes de cellulose : Journal officiel, Documents parlementaires, 12 mai 1891, pp. 884-895 ; — Eugène Campredon, le Papier, étude monographique sur la papeterie française, et, en particulier, sur la papeterie charentaise (Paris, Dunod, 1901 ; in-8, 83 pp.) ; — Henry Vivarez, les Précurseurs du papier (Lille, Imprimerie Lefebvre-Ducrocq, 1902 ; in-4, 39 pp.) ; — et les articles « Papier » dans les dictionnaires de Charles Laboulaye, (Dictionnaire des arts et manufactures), Larousse, Bouillet (nouvelle édition refondue sous la direction de MM. J. Tannery et Émile Faguet), etc. ; voir aussi passim : le Magasin pittoresque, la Revue des bibliothèques, le Bulletin du bibliophile, la Revue biblio-iconographique, etc., etc. Pour la fabrication du papier à la forme, j’ai eu recours, en outre, tout particulièrement, à la compétence de M. Gruintgens, des Papeteries du Marais : je le prie d’agréer ici mes remerciements.  ↩

Le Livre, tome III, p. 023-037

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 23.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 23 [037]. Source : Internet Archive.

En 1827, le fabricant de papier Louis Piette publia un Manuel de papeterie qui contient 160 échantillons de papiers divers. Une nouvelle édition de cet ouvrage, parue à Dresde, en 1861, renferme 300 de ces échantillons, provenant tous de sources différentes (feuilles d’arbres, chiendent, sparte, fougère, cuir, tourbe, etc., etc.). Ils forment un volume à part, sous le titre d’Appendice au Manuel de papeterie[023.1].

Cette industrie, aujourd’hui si active et si répandue, des succédanés du chiffon, a suggéré à un sagace critique les réflexions suivantes : « La science a découvert de belles et grandes choses, et elle en a inventé aussi de bien jolies : entre autres, la fabrication rapide du papier à très bon marché. Elle l’extrait aujourd’hui du bois et de la paille ; demain, elle le tirera de la houille ; elle trouvera bientôt un

[III.037.023]
  1.  Cf. Louis Figuier, op. cit., p. 209.  ↩

Le Livre, tome III, p. 019-033

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 19.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 19 [033]. Source : Internet Archive.

Nous aurons à nous souvenir de cette remarque, lorsque nous traiterons de l’achat des livres.

Parmi les autres matières, quelquefois bien inatten­dues[019.1], qu’on peut transformer en papier, nous citerons : la mousse, les feuilles d’arbres et de menues plantes, le son, le tabac, la pomme de terre[019.2], les résidus de la canne à sucre[019.3], le crottin de cheval et la fiente de tous les animaux herbi­vores[019.4], les nids de guêpes[019.5], le tan, le vieux cuir, etc.

Le crottin de cheval, notamment, a été, à différentes reprises, préconisé pour la fabrication du papier. Un savant, nommé Jobard, mort directeur du Conservatoire des Arts et Métiers de Bruxelles, a spécialement et énergiquement soutenu cette thèse. « Il es-

[III.033.019]
  1.  On en trouvera une liste détaillée dans Louis Figuier, op. cit., p. 209.  ↩
  2.  Cf. Mémorial de la librairie française, 8 juin 1905, p. 313.  ↩
  3.  « La bagasse, tissu fibreux de la canne à sucre après l’extraction du jus…. Cette canne ou tige a beaucoup de ressemblance avec le bambou. La bagasse a été traitée avec succès, mais son rendement en pâte est faible, et elle n’est utilisable que pour les sortes inférieures de papiers. » (C.-F. Cross et E.-J. Bevan, Manuel de la fabrication du papier, trad. L. Demarest, p. 175 ; Paris, Baudry, 1902 ; in-8.)  ↩
  4.  « En 1841, on prit un brevet pour un procédé pour remplacer le chiffon, dans la fabrication du papier, par la fiente de tous les animaux herbivores. » (Louis Figuier, op. cit., p. 209.)  ↩
  5.  C’est le naturaliste allemand Scheffer (….-1790) qui s’avisa de fabriquer du papier avec des nids de guêpes. Il a fait imprimer, en 1761, sur ce singulier papier, un mémoire qui reçut les éloges de l’Académie des sciences de Bavière. (Cf. id., op. cit., p. 208.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 017-031

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 17.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 17 [031]. Source : Internet Archive.

Les chiffons seuls, voire le coton, les cocons de soie et le bambou, n’auraient pu fournir à une aussi colossale consommation. Heureusement qu’aujourd’hui le papier se fabrique, on serait tenté de dire presque avec tout, mais principalement avec « toute plante légèrement fibreuse », cette sorte de plante pouvant facilement se transformer en pâte[017.1]. Ainsi, la paille, la fougère, l’ortie ordinaire et la ramie (plante exotique de la famille des urticées), le jute, le sparte ou alfa (graminée très répandue en Algérie)[017.2], certains arbres surtout (sapin, épicéa, tremble, peuplier, bouleau, tilleul, etc.[017.3]), peuvent remplacer le chiffon,

[III.031.017]
  1.  Cf. Georges Olmer, Du papier mécanique et de ses apprêts…, p. 14. (Paris, Rouveyre, 1882.)  ↩
  2.  Sur le papier de ramie et le papier d’alfa, voir infra, pp. 61-62.  ↩
  3.  « Presque toutes les espèces de bois peuvent servir à la fabrication du papier, mais leur rendement est très différent : 100 kilos de noyer ou de chêne ne fourniront que 26 ou 29 kilos de pâte ; on en tirera 38 d’un quintal de saule ou de marronnier. » Etc. (G. d’Avenel, op. cit., p. 30.) Au début néanmoins, la pâte de bois fut très vigoureusement attaquée. En 1874, M. Aimé Girard, professeur de chimie au Conservatoire des Arts et Métiers, déclara qu’il ne considérait la pâte de bois que comme « une matière de remplissage qui n’a aucune des qualités nécessaires à la production du papier », « comme une simple charge, qu’il assimile au plâtre et au kaolin, substances que l’on ajoute au papier à un titre qui frise la fraude ». (Louis Figuier, op. cit., pp. 282 et 286.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 006-020

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 6.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 6 [020]. Source : Internet Archive.

sans pareille, une sorte de souveraineté universelle. Il modifie nos idées et nos croyances, transforme nos mœurs et nos lois, renverse ou restaure les États, décide de la paix et de la guerre : il gouverne le monde, pour ainsi dire ; et il s’est tant multiplié de nos jours, on en fait une si grande et si envahissante consommation, que cette particularité est devenue une caractéristique de notre époque, qu’on a surnommé notre âge « l’âge du papier ».

Le papyrus subsista « jusque dans les premiers siècles de notre ère[006.1] », et même jusqu’au xie siè­cle[006.2]. Il était d’un prix très élevé, coûtait, — rapporte M. G. d’Avenel, dans une étude très soignée et très intéres­sante[006.3], à laquelle je me référerai souvent, — « cinq cents fois plus, a-t-on dit, que notre papier actuel[006.4], et, pour ce motif même, il avait à soutenir la concurrence des tablettes de cire et des peaux de mouton [par­chemin][006.5] savamment préparées. Ces

[III.020.006]
  1.  Le vicomte G. d’Avenel, le Mécanisme de la vie moderne, 2e série, le Papier, p. 2. (Paris, Armand Colin, 1900.)  ↩
  2.  Cf. Louis Figuier, op. cit., p. 176 ; et Albert Maire, Matériaux sur lesquels on écrivait dans l’antiquité : Revue scientifique, 20 août 1904, p. 236.  ↩
  3.  L’étude ci-dessus indiquée, pages 1-67 de la 2e série du Mécanisme de la vie moderne ↩
  4.  « Le papier, quelle que fût sa qualité, fut toujours à Rome d’un grand prix. Une simple feuille avait la valeur de 4 ou 5 francs de notre monnaie. » (Louis Figuier, op. cit., p. 162.)  ↩
  5.  Sur le parchemin chez les anciens, et sur les tablettes de cire (tabellæ ceræ), voir notre tome I, pages 60 et suiv.  ↩

- page 2 de 3 -