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Le Livre, tome II, p. 294-310

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 294.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 294 [310]. Source : Internet Archive.

M. B.-H. Gausseron déclare de même, dans son intéressant petit volume Bouqui­niana[294.1], que « les livres, jusque dans la maison du bibliophile, ont un implacable ennemi, c’est la femme…. La femme, l’ennemie-née du bibliophile. »

« L’amour des livres, c’est une marque de délicatesse, mais c’est une délicatesse d’homme : les femmes, pour la plupart, ne le comprennent pas, écrit M. Porel[294.2]. Pour les ouvrages du xviiie siècle, qu’elles veulent acquérir maintenant parce qu’ils sont à la mode, elles ont été depuis longtemps particulièrement malfaisantes. »

Et le maître bibliophile Jacob, si expert en ces matières, et d’habitude cependant si courtois et indulgent, atteste à son tour, et nettement et formellement, que « les femmes n’aiment pas les livres et n’y entendent rien : elles font, à elles seules, l’enfer des bibliophiles :

[II.310.294]
  1.  Bouquiniana, notes et notules d’un bibliophile, pp. 36 et 94. — ouvrage destiné à « tous les amants du livre, curieux des opinions et des impressions de ceux qui l’ont aimé avant eux » (p. 6), où l’auteur a réuni, comme nous l’avons fait dans notre tome I et comme nous le faisons ici encore, un grand nombre de maximes et pensées sur les livres et la lecture. M. Gausseron a glané de préférence parmi les écrivains anglais.  ↩
  2.  Préface du catalogue de sa bibliothèque, journal le Temps, 25 février 1901.  ↩

Le Livre, tome I, p. 172-196

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 172.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 172 [196]. Source : Internet Archive.

encore qui disait que « la plupart des livres d’à présent ont l’air d’avoir été faits en un jour, avec des livres lus de la veille[172.1] ».

« Les Lettres, les saintes Lettres ! » s’exclame de son côté André Chénier (1762-1794)[172.2].

Goldsmith (1728-1774) l’auteur du Vicaire de Wakefield, affirme, par la bouche d’un de ses personnages, que « la littérature est un sujet qui lui fait toujours oublier ses misères[172.3] ».

Lessing (1729-1781) n’avait, au fond, qu’une passion, dit M. Paul Stapfer[172.4], celle des livres et de l’érudition que procurent les livres. « Il était né bibliothécaire ; il était, par nature, de

Ces rats qui, les livres rongeants,
Se font savants jusques aux dents.

« Un artiste ayant offert de le peindre lorsqu’il était enfant, il exigea qu’il y eût, dans son portrait,

[I.196.172]
  1.  Op. cit., Maximes et Pensées, t. II, p. 85.  ↩
  2.  Ap. Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. IV, p. 145.  ↩
  3.  Vicaire de Wakefield, trad. Fournier, chap. xx, p. 144. (Paris, M. Lévy, 1869.) Et, un siècle avant Goldsmith, Milton (1608-1674) disait, « en un latin superbe » (B.-H. Gausseron, Bouquiniana, p. 46) :
    •  Et totum rapiunt me, mea vita, libri.

     Rappelons encore un autre mot de Milton, que Mirabeau a inscrit en épigraphe à sa brochure Sur la liberté de la presse : « Tuer un homme, c’est tuer une créature raisonnable ; mais étouffer un bon livre, c’est tuer la raison elle-même ». (Vermorel, Mirabeau, sa vie, ses opinions et ses discours, t. III, p. 13. Paris, Dubuisson, Bibliothèque nationale, 1868. 5 vol. in-16.)  ↩

  4.  Goethe et Lessing, Revue Bleue, 31 janvier 1880, p. 725.  ↩