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Le Livre, tome I, p. 193-217

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 193.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 193 [217]. Source : Internet Archive.

un merveilleux causeur, de qui Victor Cousin disait que « personne, depuis Voltaire, n’a certainement eu autant d’esprit[193.1], » abonde en remarques piquantes ou profondes et en sagaces conseils relatifs aux livres et à la lecture :

« Dans les études littéraires, on ne profile que de ce qui amuse. C’est là surtout qu’il faut suivre sa pente, c’est-à-dire son goût. Je vois des personnes qui s’obstinent, par conscience, à lire ce qui les ennuie. Je doute qu’il leur reste une idée ou un sentiment de ce travail ingrat. Il faut planter là un livre dès que, après l’épreuve d’une vingtaine de pages, on sent qu’il ne vous va pas ; tout au plus le faut-il parcourir ; en parcourant on trouve quelquefois telle page qui vous fait revenir avec plaisir sur les commencements ; mais ne parcourt pas qui veut ; les personnes méthodiques ont de la peine à s’y faire. Il est vrai qu’on peut apprendre à parcourir métho­diquement[193.2]. Je crois que si Bossuet n avait pas forcé le Dauphin à lire d’un bout à l’autre des livres qui l’assommaient, le pauvre prince n’aurait pas dit, à la fin de son éducation : « C’est bon, je ne lirai plus que la Gazette[193.3] ».

« Pour les esprits féconds, les livres des autres

[I.217.193]
  1.  Comte d’Haussonville, Introduction aux lettres de Doudan (Doudan, loc. cit., t. I, p. viii).  ↩
  2.  Cf. infra, t. II, chap. iii, Diverses façons de lire, l’Art de parcourir.  ↩
  3.  Doudan, loc. cit., t. III, pp. 344-345.  ↩