Mot-clé - Heine (Henri)

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Le Livre, tome II, p. 046-062

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 046.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 046 [062]. Source : Internet Archive.

français, dont la chair et le sang sont notre sang et notre chair à nous-mêmes, qui sentent, qui pensent, qui aiment, qui chantent, comme nous pensons, comme nous chantons, comme nous aimons, nous hommes des nouveaux jours : le Tasse, Dante, Pétrarque, Shakespeare, Milton, Chateaubriand, qui chantait alors comme eux, Ossian surtout…. »

Nous avons vu[046.1] que Henri Heine (1797-1856), aimait Don Quichotte « jusqu’aux larmes ». C’était le premier livre qu’il avait lu après avoir appris à prononcer assez couramment ses lettres, dès l’éveil de son intelligence. « Je me souviens très exactement, écrit-il[046.2], du jour où je quittai la maison à la dérobée et m’enfuis au jardin de la cour pour lire Don Quichotte sans être dérangé. C’était un beau jour du mois de mai ; le rossignol chantait doucement les louanges du printemps, qui l’écoutait tranquille et souriant aux premiers feux du matin…. Je m’assis sur un banc de pierre couvert de mousse, dans l’allée des Soupirs, et je réjouis mon petit cœur des grandes aventures du hardi chevalier…. Et je n’oublierai jamais le jour où je lus le tragique duel dans lequel mon chevalier devait tomber si tristement. C’était par une sombre journée ; de vilains nuages couraient dans le ciel gris, les feuilles jaunies

[II.062.046]
  1.  Tome I, page 281.  ↩
  2.  Reisebilder, ap. Louis Ducros, Henri Heine et son temps, p. 45. (Paris, Didot, 1886.) Cf. aussi le Magasin pittoresque, février 1887, p. 63.  ↩

Le Livre, tome I, p. 281-305

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 281.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 281 [305]. Source : Internet Archive.

Henri Heine (1797-1856) aimait Don Quichotte « jusqu’aux larmes ». C’était le premier livre qu’il avait lu tout enfant, dès qu’il avait su son alphabet, et l’impression qu’il avait ressentie de cette première lecture lui était demeurée ineffaçable[281.1].

Guizot (1787-1874) lisait chaque soir quelques sonnets de Pétrarque « pour se rasséréner l’esprit » ; et Thiers (1797-1877) se délassait avec les Oraisons funèbres de Bossuet[281.2].

« J’avoue ma prédilection, écrit l’académicien Silvestre de Sacy (1801-1879) ; de tous les grands

[I.305.281]
  1.  Bardoux, le Magasin pittoresque, février 1887, p. 63.  ↩
  2.  « M. Guizot me disait un jour que, tous les soirs, au milieu de ses travaux et de ses affaires, il lisait les Sonnets de Pétrarque pour se rasséréner l’esprit. Je crois que les ministres d’aujourd’hui lisent bien rarement Pétrarque ou Dante. Tout en menant leur train de guerre, lord Chatham s’enchantait de Virgile, M. Pitt des chœurs d’Eschyle, M. Fox des lettres de Mme de Sévigné, M. Thiers des oraisons de Bossuet. » (Doudan, Lettres, t. IV, p. 151.)  ↩