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Le Livre, tome II, p. 134-150

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 134.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 134 [150]. Source : Internet Archive.

et la fortune dont vous disposez doivent limiter vos exigences.

C’est à propos de cette sorte de livres que La Mothe-Le Vayer écrivait, dans la lettre déjà plusieurs fois citée par nous[134.1] : « Quant à ces derniers [aux dictionnaires], je tiens, avec des personnes de grande littérature, qu’on n’en saurait trop avoir, et c’est une chose évidente, qu’il les faut posséder en pleine propriété, parce qu’ils sont d’un journalier et perpétuel usage, soit que vous soyez attaché à la lecture et intelligence de quelque auteur, soit que vous vaquiez à la méditation ou composition de quelque ouvrage ».

Notons encore cependant, à propos des dictionnaires, cette très juste remarque, extraite du prospectus de l’Encyclopédie[134.2] : « Ces sortes de collections… ne tiendront jamais lieu de livres à ceux qui chercheront à s’instruire ; les dictionnaires, par leur forme même, ne sont propres qu’à être consultés, et se refusent à toute lecture suivie ».

Nombre de lecteurs pourtant, à commencer par Voltaire lui-même, ne se contentent pas de « quelques amis » et se répandent volontiers.

[II.150.134]
  1.  Lettre XIII, Du moyen de dresser une bibliothèque…. (Œuvres, t. X, p. 109.)  ↩
  2.  Ap. d’Alembert, Discours préliminaire de l’Encyclopédie, pp. 125-126. (Paris, Dubuisson, Bibliothèque nationale, 1864.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 114-130

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 114.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 114 [130]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 115.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 115 [131]. Source : Internet Archive.

puis : Auguste Comte ; Virgile, « pour lire du beau latin » : Machiavel ; Montaigne ; Molière ; les lettres et les romans de Voltaire ; les Trois Mousquetaires, « pour quand on est malade » : les Châtiments, « pour se faire une musique de mots » ; et « le dernier roman de X…, pour s’en­dormir[114.1] ».

Si, au lieu de vingt ou trente volumes ou auteurs, on demandait d’en désigner une centaine, ce qui donnerait évidemment plus de latitude et faciliterait le choix, on continuerait de se heurter — comme M. Jules Lemaître nous le laissait entrevoir, il y a un instant, — aux difficultés inhérentes au problème même et à l’humaine nature, et l’on n’atteindrait pas davantage le but rêvé, on n’obtiendrait pas encore le catalogue uniforme, immuable et parfait, l’absolu, en bibliographie comme en toute autre chose, n’étant pas de ce monde. Nous en trouvons la preuve dans les divers « Plans de bibliothèques privées », de « Bibliothèques choisies », çà et là publiés.

La Mothe-Le Vayer, dans sa lettre citée plus haut[114.2], où il estime qu’une centaine d’ouvrages lui

[II.130.114]
  1.  L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 25 juin 1889, col. 394.  ↩
  2.  Pages 104-105 : Du moyen de dresser une bibliothèque d’une centaine de livres seulement. On trouvera une brève analyse de cette lettre dans le volume de Gabriel Peignot, Traité du choix des livres, Préliminaire, pp. xii-xiv, notes. (Paris, Renouard ; et Dijon, Lagier, 1817.) Voir aussi de Gabriel Peignot, sur le « choix des livres » et la composition des bibliothèques, le volume intitulé Répertoire bibliographique universel contenant la notice raisonnée des bibliographies spéciales publiées jusqu’à ce jour, et d’un grand nombre d’autres ouvrages de bibliographie, relatifs à l’histoire littéraire et à toutes les parties de la bibliographie. (Paris, Renouard, 1812.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 104-120

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 104.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 104 [120]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 105.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 105 [121]. Source : Internet Archive.

« Il faut, dit le vicomte de Bonald (1754-1840)[104.1], parcourir beaucoup de livres pour meubler sa mémoire ; mais, quand on veut se former un goût sûr et un bon style, il faut en lire peu, et tous dans le genre de son talent. L’immense quantité de livres fait qu’on ne lit plus ; et, dans la société des morts comme dans celle des vivants, les liaisons trop étendues ne laissent plus aux amitiés le temps de se former. »

Jérôme Cardan (1501-1576) estimait que toute bibliothèque devrait tenir en trois volumes : l’un traitant de la vie des saints, l’autre contenant de gracieux vers propres à récréer l’esprit, et le troisième enseignant « la vie civile », c’est-à-dire les droits et devoirs du citoyen[104.2]. Mais, déjà de son vivant ou peu après, Joseph Scaliger (1540-1609) déclarait que, « pour une parfaite bibliothèque, il faudrait avoir six grandes chambres[104.3] ».

La Mothe-Le Vayer (1588-1672), dans sa lettre à un « Révérend Père », Du moyen de dresser une bibliothèque d’une centaine de livres seulement[104.4], est

[II.120.104]
  1.  Pensées sur divers sujets, p. 343. (Paris, Adrien Le Cière, 1817.)  ↩
  2.  Ap. Mouravit, le Livre et la Petite Bibliothèque d’amateur, p. 137.  ↩
  3.  Ap. Fertiault, les Légendes du livre, p. 20.  ↩
  4.  La Mothe-Le Vayer, Œuvres, t. X, Petits traités en forme de lettres, écrites à diverses personnes studieuses, pp. 106-117 (Paris, Guignard, 1684). C’est de La Mothe-Le Vayer que Bayle a dit (Dictionnaire, t. X, p. 303 ; Paris, Desoer, 1820) : « Nous n’avons point d’auteur français qui approche plus de Plutarque que celui-ci ».  ↩

Le Livre, tome I, p. 294-318

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 294.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 294 [318]. Source : Internet Archive.
  • Isaïe (785-681 av. J.-C.) Voir Bible.