Mot-clé - La Motte ou Lamotte-Houdard

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Le Livre, tome II, p. 156-172

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 156.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 156 [172]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 157.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 157 [173]. Source : Internet Archive.

d’art et d’enseignement. Ainsi Lamotte-Houdard (1672-1731), dans sa fable des Deux Livres :

Côte à côte sur une planche,
Deux Livres ensemble habitaient.
L’un neuf, en maroquin, et bien doré sur tranche,
L’autre en parchemin vieux que les vers grignotaient.
Le Livre neuf, tout fier de sa parure,
S’écriait : « Qu’on m’ôte d’ici !
Mon Dieu, qu’il pue la moisissure !
Le moyen de durer auprès de ce gueux-ci ?
Voyez la belle contenance
Qu’on me fait faire à côté du vilain !
Est-il œil qui ne s’en offense ?
— Eh ! de grâce, compère, un peu moins de dédain.
Lui dit le Livre vieux ; chacun a son mérite,
Et peut-être qu’on vous vaut bien.
Si vous me connaissiez à fond…. — Je vous en quitte.
Dit le Livre seigneur. — Un moment d’entretien,
Reprend son camarade. — Eh ! Non ; je n’entends rien.
— Souffrez du moins que je vous conte….
— Taisez-vous ; vous me faites honte.
Holà, mons du libraire, holà !
Pour votre honneur, retirez-moi de là ! »
Un marchand vient sur l’entrefaite,
Demande à voir des livres. Il en voit.
A l’aspect du bouquin, il l’admire et l’achète.
C’était un auteur rare, un oracle du droit.
Au seul titre de l’autre : « O la mauvaise emplette !
Dit le marchand, homme entendu.
Que faites-vous de ce poète
Extravagant ensemble et morfondu ?
C’est bien du maroquin perdu. »

Reconnaissez-les bien ; faut-il qu’on vous les nomme,
Ceux dont en ces vers il s’agit ?
Du sage mal vêtu le grand seigneur rougit ;
Et cependant l’un est un homme,
L’autre n’est souvent qu’un habit[156.1].

[II.172.156]
  1.  Lamotte-Houdard, Fables, les Deux Livres. (L’abbé Aubert et Lamotte-Houdard, Fables choisies, pp. 194-196. Paris, Masson et Yonet, 1828.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 160-184

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 160.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 160 [184]. Source : Internet Archive.

Le fabuliste Lamotte-Houdard (1672-1731) nous dit[160.1] :

C’est par l’étude que nous sommes
Contemporains de tous les hommes
Et citoyens de tous les lieux….

De la marquise de Lambert (1647-1733), l’auteur des Avis d’une mère à son fils, Avis à ma fille, etc., cette noble pensée : « Faites que vos idées descendent dans votre conduite, et que tout le profit de vos lectures se tourne en vertus[160.2] ».

[I.184.160]
  1.  Ap. Voltaire, Conseils à un journaliste…. t. IV, p. 617 (édit. du journal le Siècle). Nous venons de voir (p. 159, n. 1) cette même sentence appliquée au chancelier Daguesseau, polyglotte.  ↩
  2.  Ap. Albert Collignon, la Vie littéraire, p. 206.  ↩