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Le Livre, tome II, p. 352-368

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 352.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 352 [368]. Source : Internet Archive.

Le comte de Labédoyère (xixe siècle), dont nous parle encore M. Firmin Mail­lard[352.1], était de même un bibliomane et bibliotaphe implacable. « Il avait inventé l’art de coiffer les livres, c’est-à-dire de les emprisonner dans un carton, qui ne laissait de visible que le dos ; il ne les prêtait jamais et ne les communiquait même pas, ce dont nous ne pouvons le blâmer…. »

Si nos livres n’étaient que des objets de luxe, s’ils ne devaient servir que pour l’ornement et la montre, volontiers, si beaux, si merveilleux qu’ils fussent, nous suivrions les généreuses recommandations de M. Mouravit, et conclurions avec lui que le devoir de tout bibliophile est d’ouvrir libéralement à tous sa bibliothèque, de doubler et tripler

[II.368.352]
  1.  Op. cit., p. 5. Sur le comte de Labédoyère, cf. supra, p. 226, n. 2.  ↩

Le Livre, tome II, p. 226-242

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 226.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 226 [242]. Source : Internet Archive.

à ce même expédient, demeura inconsolable de la perte de ses bien-aimés livres : « Quand on parlait devant lui de quelque auteur qu’il avait possédé, les larmes lui venaient aux yeux. De ce moment, les lettres grecques, qui lui avaient valu sa réputation, lui devinrent tout à fait odieuses. » Il mourut peu après la dernière vente, le dernier coup[226.1].

Forcé, lui aussi, de mettre ses livres aux enchères, le prince Camerata (xixe siècle) se brûle la cervelle aussitôt après la dispersion de ses chers trésors[226.2].

Un Américain, M. Bryan, nous conte M. Jules Claretie[226.3], avait fait don, il y a quelques années, à la Bibliothèque de l’Arsenal, d’une magnifique collection de livres romantiques, parmi lesquels se trouvaient un exemplaire du célèbre Paul et Virginie, de Curmer, « sur chine, avec le chiffre de Jules Janin, J.J., couronné de roses, sur la reliure pleine, » et une Notre-Dame de Paris, sur chine également, d’une valeur de quinze mille francs. Un jour on annonça à M. de Heredia, administrateur de ladite

[II.242.226]
  1.  Michaud, op. cit.  ↩
  2.  Jules Janin, ap. Fertiault, les Légendes du livre, pp. 135 et 202. Un autre grand seigneur du même temps, le comte de Labédoyère, dont tous les bouquinistes des quais connaissaient bien « le sac et le chien mouton », s”imaginant qu’il était fatigué de ses livres, les vendit, « puis passa le reste de sa vie à courir après dans les ventes et à les racheter à tout prix, comme autant d’enfants prodigues qui auraient fui de la maison paternelle ». (Firmin Maillard, les Passionnés du livre, p. 125.)  ↩
  3.  Le Journal, numéro du 10 novembre 1903.  ↩