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Le Livre, tome III, p. 141-155

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 141.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 141 [155]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 142.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 142 [156]. Source : Internet Archive.

imprimeurs d’aujourd’hui ont des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu’ils placent au-dessus de leur firme[141.1], c’est-à-dire du nom et de l’adresse de leur maison[141.2].

Voici quelques-unes de ces anciennes marques, dont, le plus souvent et pour abréger, j’ai supprimé la devise, presque toujours « héroïque » ou à équivoque :

Les Alde (Alde Manuce : 1449-1515) avaient pour marque une Ancre, autour de laquelle était enroulé un dauphin ;

Arnould et Charles Angelier (1542)[141.3] : deux Anges liés ;

[III.155.141]
  1.  De l’anglais firm : du bas-latin firma, convention, maison de commerce, raison sociale. Daupeley-Gouverneur, (le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 180) écrit à tort « le firme » : ce mot est du féminin : cf. Littré, op. cit., Supplément.  ↩
  2.  « Il y a vingt-cinq ans, j’étais fondeur en caractères, et je préparais un spécimen pour l’Exposition. Je cherchais à imiter nos anciens et à trouver une devise qui pût bien faire en tête de mon spécimen. Le hasard me fit rencontrer, dans un vieux livre espagnol, la devise que je cherchais : c’étaient les vingt-cinq lettres de l’alphabet rangées en cercle, avec cette inscription : Vis bene conjunctis. « leur force est dans leur bon assemblage ». C’était une devise de fondeur et d’imprimeur, une devise qui me semble d’une profonde vérité. Faites un bon assemblage de lettres, il en sortira un livre qui élèvera les âmes et servira l’humanité. » (Édouard Laboulaye, la Science du bonhomme Richard, la Jeunesse de Franklin, p. 42 ; Paris, Henry Bellaire, 1872.)  ↩
  3.  La plupart des dates, mises ainsi entre parenthèses dans cette liste, désignent des millésimes de publications faites par ces imprimeurs-éditeurs, et indiquent, par conséquent, à quelle époque ils vivaient ; presque toutes sont empruntées à l’ouvrage d’Ambroise Firmin-Didot, Essai sur la typographie, passim.  ↩

Le Livre, tome II, p. 152-168

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 152.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 152 [168]. Source : Internet Archive.

et hautes considérations formulées à leur sujet par trois éminents bibliographes du siècle dernier, Hippolyte Rigault (1821-1858), Édouard Laboulaye (1811-1883) et le bibliophile Jacob (Paul Lacroix, 1807-1884) :

« Quoi de plus désirable que la passion des vieux livres ? dit Hippolyte Rigault[152.1]. Non des rares et des coûteux : celle-là, c’est le privilège des riches et des enrichis ; encore n’est-elle souvent qu’une passion factice et toute de vanité, une manière de donner à des millions un air intellectuel, chez les faux bibliophiles…. L’amour des vieux livres, humbles, mal reliés, qu’on achète pour peu de chose et qu’on revendrait pour rien, voilà la vraie passion, sincère, sans artifice, où n’entrent ni le calcul, ni l’affectation. C’est un bon sentiment que ce culte de l’esprit et ce respect touchant pour les monuments les plus délabrés de la pensée humaine ; c’est un bon sentiment que cette vénération pour ces livres d’autrefois qui ont connu nos pères, qui ont peut-être été leurs amis, leurs confidents. Voilà les sentiments qu’éveille dans le cœur l’amour des vieux volumes : aimable passion qui est plus qu’un plaisir, qui est presque une vertu…. On compte ses prisonniers avec un air vainqueur ; on les range un par un sur

[II.168.152]
  1.  Ap. Mouravit, op. cit., pp. 170-172.  ↩

Le Livre, tome I, p. 209-233

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 209.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 209 [233]. Source : Internet Archive.

Dans les souvenirs de jeunesse du grand historien Michelet (1798-1874) se trouve une page très délicate et très touchante relative aux livres : « … Jai pourtant dû aller contrôler l’estimation qu’on a faite des livres de mon pauvre ami (Poinsot). Je les ai trouvés épars dans un grenier. Rien de plus triste que de voir partir ainsi notre âme, nos livres, ces amis qui nous ont formés ou soutenus, encouragés, préservés, grandis !… Quand je regarde les trois ou quatre planches de bois blanc qui composent toute ma bibliothèque, je souffre de n’avoir pas encore les moyens de m’acheter une belle armoire vitrée, où j’enfermerais cette centaine de volumes avec le soin jaloux de l’avare qui met sous clef son trésor[209.1]. »

Édouard Laboulaye (1811-1883) a maintes fois parlé, et en excellents termes, des secours que nous offrent les livres et la lecture :

« La lecture n’est pas la science universelle, ce n’est pas non plus la sagesse universelle ; mais un homme qui a pris l’habitude de lire peut toujours consulter, sur chaque question donnée, une expérience plus grande que la sienne, et une expérience désintéressée…. Le livre est donc l’expérience du passé. C’est mieux encore : un livre est quelque chose de vivant, c’est une âme qui revit en quelque sorte, et qui nous répond chaque fois que nous vou-

[I.233.209]
  1.  Michelet, Mon Journal, 1820-1823, pp. 182-183.  ↩

Le Livre, tome I, p. 175-199

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 175.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 175 [199]. Source : Internet Archive.

tour[175.1] ». Tels furent le principe et l’origine de ces bibliothèques, aujourd’hui répandues par tout le globe, et qui, sous leurs formes diverses, — bibliothèques municipales, bibliothèques régimentaires, bibliothèques scolaires, bibliothèques de la Ligue de l’enseignement, etc., etc., — ont rendu et continuent de rendre tant de services à la classe ouvrière ou à des associations et des collectivités sociales, et ne cessent de contribuer au progrès général, à l’instruction, au délassement et au bonheur de tous.

[I.199.175]
  1.  E. Spuller, Conférences populaires, les Livres et les Conférences, p. 44. (Paris, Dreyfous, 1879.) Ce qui n’empêche pas le conférencier d’émettre (p. 46) ce vœu on ne peut plus louable, car on ne lit bien et l’on ne savoure bien que les livres qui vous appartiennent : « Je voudrais pourtant que chacun s’habituât à avoir dans sa maison une petite bibliothèque de choix et composée des livres préférés pour faire la lecture en famille ». Voir aussi, sur Franklin et les bibliothèques populaires, Éd. Laboulaye, Revue des cours littéraires, 30 décembre 1865, t. III, p. 85.  ↩