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Le Livre, tome II, p. 218-234

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 218.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 218 [234]. Source : Internet Archive.

bibliotaphe, d’un « enterreur de livres ». En effet, semblable à l’avare qui cache son trésor, pareil à l’amoureux qui ne confie sa belle à personne, le passionné du livre doit, logiquement et fatalement, garder pour lui seul, avec un soin jaloux, l’objet de sa tendresse.

Il est aussi — mais le fait est bien plus rare, heureusement — doublé parfois d’un biblioklepte, d’un « voleur de livres ». Ainsi Dibdin (1776-1847), l’un des plus célèbres bibliographes de l’Angleterre, nous avoue, dans une de ses lettres[218.1], qu’il se félicite d’avoir pu rester seul dans une bibliothèque publique (celle de Strasbourg), « sans que sa conscience ait aucun reproche à lui faire », c’est-à-dire, sans euphémisme et tout nettement, sans avoir succombé à la tentation de glisser quelques précieux volumes dans ses poches[218.2].

Ces fervents des beaux livres et des somptueuses reliures ont été durement malmenés par un chroniqueur du siècle dernier, Edmond Texier (1816-1887), qui a eu son heure de vogue.

[II.234.218]
  1.  La xxxve : Révérend Thomas Frognall Dibdin, Voyage bibliographique, archéologique et pittoresque en France, traduit de l’anglais, avec des notes par Théodore Licquet et G.-A. Crapelet (Paris, Crapelet, 1825, 4 vol. in-8). Voir le tome IV, page 350, et la note de Crapelet de la page 176.  ↩
  2.  J’ai recueilli, dans mon volume Amateurs et Voleurs de livres (Paris, Daragon, 1903), les noms des plus fameux bibliokleptes, et les anecdotes les plus piquantes qui les concernent : je n’y reviendrai pas ici.  ↩