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Le Livre, tome I, p. 241-265

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 241.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 241 [265]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 242.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 242 [266]. Source : Internet Archive.

Je chéris l’Arioste, et j’estime le Tasse ;
Plein de Machiavel, entêté de Boccace,
J’en parle si souvent qu’on en est étourdi ;
J’en lis qui sont du Nord, et qui sont du Midi[241.1].

II aimait les Grecs, faisait ses délices de Platon, qu’il appelait « le plus grand des amuseurs », et de Plutarque, qu’il lisait en latin, « car la belle langue des Grecs lui était inconnue », nous apprend l’abbé d’Olivet[241.2].

La Fontaine dit encore[241.3] :

Térence est dans mes mains ; je m’instruis dans Horace ;
Homère et son rival (Virgile) sont mes dieux du Parnasse.

On sait que, sur le tard, La Fontaine s’enthousiasma du prophète Baruch. Voici dans quelles circonstances : « … Il accompagnait quelquefois Racine dans ses dévotions ; témoin le jour où cet ami, étant avec lui à Ténèbres, lui mit dans les mains les petits Prophètes. Il trouvait, il est vrai, l’office un peu long, et Racine lui donna le saint livre pour l’occuper. L’essentiel est que la lecture fit merveille. La Fontaine y devint admirateur enthousiaste de Baruch ; et, pendant quelques jours, il ne rencontra plus un ami sans lui dire : « Avez-vous lu Baruch ? C’était un beau génie[241.4] ».

[I.265.241]
  1.  La Fontaine, Épitre à Monseigneur l’évêque de Soissons, en lui donnant un Quintilien…. (Œuvres, t. IX, p. 204 ; même édition.)  ↩
  2.  Ap. Peignot, op. cit., t. I, p. 141.  ↩
  3.  Dans la même épître, ibid., p. 202.  ↩
  4.  Louis Racine, Mémoires, ap. P. Mesnard, Notice biographique sur La Fontaine : La Fontaine, Œuvres, t. I, p. cxci ; même édition.  ↩

Le Livre, tome I, p. 240-264

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 240.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 240 [264]. Source : Internet Archive.

La Fontaine (1621-1695), entendant lire, à l’âge de vingt-deux ans, une ode de Malherbe[240.1], se prit d’admiration pour ce poète ; il s’attacha ensuite à Horace, à Virgile, à Térence, à Quintilien. Parmi les auteurs français, il prit un goût particulier pour Rabelais, Marot, d’Urfé (l’Astrée) et Voiture. Il écrivait à Saint-Évremond, en 1687[240.2] :

J’ai profité dans Voiture ;
Et Marot, par sa lecture,
M’a fort aidé, j’en conviens.
Je ne sais qui fut son maître :
Que ce soit qui ce peut être,
Vous êtes tous trois les miens.

Puis il ajoute : « J’oubliais maître François (Rabelais), dont je me dis encore le disciple, aussi bien que celui de maître Vincent (Voiture), et celui de maître Clément (Marot). Voilà bien des maîtres pour un écolier de mon âge ». La Fontaine avait alors soixante-six ans. C’est surtout de Rabelais qu’il raffolait. Il aimait aussi les Fabliaux, Villon et Mellin de Saint-Gelais. Parmi les Italiens, il donnait, comme nous l’avons vu[240.3], la préférence à l’Arioste, à Boccace, à Machiavel et au Tasse :

[I.264.240]
  1.  L’Ode sur la mort de Henri IV. (Cf. P. Mesnard, Notice biographique sur La Fontaine : La Fontaine, Œuvres, t. I., p. xv. Paris, Hachette. 1883. Collection des Grands Écrivains.)  ↩
  2.  La Fontaine, Œuvres, t. IX. p. 403 (même édition).  ↩
  3.  Supra, p. 148.  ↩