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Le Livre, tome III, p. 060-074

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 60.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 60 [074]. Source : Internet Archive.

papier pour imprimer et pour peindre au pinceau, mais encore ils se servent du papier pour une foule d’usages : des cahiers remplacent nos mouchoirs et nos serviettes ; les tabourets, utilisés comme coussins, sont revêtus de papier ; au lieu de vitres, les fenêtres ont des carrés de papier, et ce sont des panneaux de la même pâte qui forment les parois mobiles des maisons ; on prend des vêtements en papier enduits de cire végétale pour se garantir de la pluie, et c’est encore du papier qui remplace les capotes de cuir des voitures traînées à bras ; les courroies en papier des machines sont plus résistantes que celles de cuir[060.1]. Certaines espèces de ces produits japonais n’ont pu être encore imitées dans l’Occident ; mais, pour la blancheur des feuilles, la supériorité reste aux manufacturiers anglais et français ; le papier du Japon est toujours un peu jaunâtre[60.2]. »

[III.074.060]
  1.  « Le papier, au Japon, est encore très employé dans le rite religieux, comme papier d’offrande. » (Louis Figuier, op. cit., p. 190.) La même coutume règne en Chine. « Le peuple chinois avait autrefois, et a encore aujourd’hui, l’habitude de brûler certaines substances en l’honneur des morts et des ancêtres. Tantôt on enflamme, dans les cérémonies, des allumettes parfumées, tantôt on fait brûler du papier. Les marchands vendent, à cet effet, de grandes quantités d’objets composés de papiers étamés ou dorés et affectant différentes formes. A certaines époques de l’année, on brûle, en souvenir des morts, ces papiers étamés, qui se nomment papiers à brûler ou papiers d’offrande. » (Id., op. cit., p. 187.)  ↩
  2.  Élisée Reclus, op. cit., t. VII, p. 831.  ↩

Le Livre, tome III, p. 055-069

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 55.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 55 [069]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 56.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 56 [070]. Source : Internet Archive.

et l’aspect de l’ancien vélin véritable, provenant de la peau de jeunes veaux, est un papier sans grain, très uni, lisse et satiné, excellent pour le tirage des vignettes. C’est au célèbre et si original imprimeur anglais John Baskerville (1706-1775) qu’est due l’invention du papier vélin ; elle remonte à 1750, et le premier ouvrage tiré sur cette sorte de papier fut une édition de Virgile, datée de 1757 et publiée par Basker­ville[055.1]. D’une façon générale, tout papier fabriqué à la forme, tout papier « de cuve », dépourvu de grains et de vergeures, est qualifié de vélin[055.2].

Le papier de Chine se fabrique avec l’écorce du bam­bou[055.3]. Il a une teinte grise ou jaunâtre, un aspect

[III.069.055]
  1.  Cf. Louis Figuier, op. cit., p. 205 ; et Ambroise Firmin-Didot, op. cit., col. 686. En France, le papier vélin fut employé pour la première fois, en 1780, par MM. Johannot (cf. Gabriel Peignot, Manuel du bibliophile, t. II, p. 428).  ↩
  2.  On rencontre fréquemment, dans les catalogues et annonces de librairie, cette locution : « papier de cuve du Marais », « vélin de cuve des fabriques du Marais ». Ce n’est pas à Paris, dans le quartier du Marais, comme certains se l’imaginent, que se trouvent ces fabriques de papier à la forme, mais dans le département de Seine-et-Marne, sur la rivière du Grand-Morin, près et en aval de Jouy-sur-Morin, au lieudit « le Marais ». Non loin de là, sur la rivière du Petit-Morin, en amont de la Ferté-sous-Jouarre, au lieudit « le Gouffre » ou « Usine de Biercy », se trouve une autre papeterie à la forme, qui appartient à la Banque de France, et où elle fait fabriquer le papier de ses billets.  ↩
  3.  « Inventeurs du papier, les Chinois en préparent plusieurs espèces qui manquent à l’Europe ; cependant eux-mêmes donnent toujours la préférence aux papiers coréens et japonais. Dès l’année 153 de l’ère vulgaire, Tsaïloun avait enseigné à ses compatriotes l’art de remplacer les tablettes en bambou par du papier, dont les écorces d’arbre, le fil de chanvre, les vieilles toiles, les filets de pêche lui fournissaient la pâte. Depuis cette époque, on emploie aussi pour la fabrication du papier, les jeunes pousses de bambou, le rotin, les algues marines, le glaïeul, la fibre du broussonetia papyrifera, les cocons de vers à soie. » (Élisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle, t. VII, pp. 583-584.) Voir aussi, sur le papier de Chine, H. de Balzac, Illusions perdues, t. I, les Deux Poètes, pp. 116-118 (Paris, Librairie nouvelle, 1857). « Un inventeur de génie, Tsaï-lun (Tsaïloun), fabriqua le premier, en Chine, vers l’année 153 après Jésus-Christ, le papier proprement dit…. Le nom de Tsaï-lun est populaire dans le Céleste Empire. Un temple lui a été élevé, et, plus de mille ans après sa mort, on lui offrait des sacrifices. » (Louis Figuier, op. cit., pp. 177-178.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 273-289

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 273.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 273 [289]. Source : Internet Archive.

dèrent comme des monuments d’idolâtrie qu’il fallait détruire pour faciliter la conversion des Indiens. Pour obéir à une ordonnance de Jean de Zumarraga. moine franciscain, premier évêque de Mexico, toutes ces archives de l’ancienne histoire du Mexique furent rassemblées et livrées aux flammes. Par suite de ce zèle fanatique des premiers moines qui s’établirent dans la Nouvelle-Espagne, et dont leurs successeurs déplorèrent bientôt les effets, on perdit entièrement la connaissance des événements reculés tracés sur ces monuments grossiers[273.1]. »

Le même sort était réservé aux monuments historiques et littéraires des Péruviens[273.2].

En 1549, le roi d’Angleterre Édouard VI publia un édit ordonnant la destruction de divers ouvrages religieux, et l’on profita de cet édit pour l’appliquer surtout aux manuscrits, quels qu’ils fussent, dont les reliures, ornées d’or, d’argent et de pierreries, tentaient la cupidité. Un jour, on alluma à Oxford, sur la place du marché, un grand feu où l’on jeta une énorme quantité de livres[273.3].

[II.289.273]
  1.  Robertson, Histoire de l’Amérique, livre VII, ap. Ludovic Lalanne, op. cit., p. 215. « Imitant saint Paul à Éphèse, l’archevêque Zumarraga à Tlatelulco, Nuñez de la Vega à Chiapa, et d’autres encore, firent brûler, comme suspects de nécromancie, tous les ouvrages mexicains qu’ils purent découvrir. » (Élisée Reclus, Nouvelle Géographie universelle, t. XVII, p. 89.)  ↩
  2.  Cf. Ludovic Lalanne, op. cit., p. 215.  ↩
  3.  Cf. Id., op. cit., p. 218.  ↩