Mot-clé - Renau d’Éliçagaray

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Le Livre, tome II, p. 300-316

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 300.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 300 [316]. Source : Internet Archive.

le dos. Le meilleur des maris peut donner la clef de son coffre-fort à sa femme ; il ne doit pas lui donner la clef de sa bibliothèque. Il ne faut jamais laisser une femme seule avec un livre. — Tels devraient être les principes de presque tous les bibliophiles mariés. »

Parmi les ennemis, sinon des livres, du moins des beaux livres, nous avons mentionné saint Jérôme et les religieux de Cîteaux[300.1], qui condamnaient l’ornementation et le luxe des manuscrits.

Nous avons parlé aussi du célèbre ingénieur et marin Renau d’Éliçagaray, Petit-Renau[300.2], qui avait une aversion prononcée pour tous les livres, sauf pour l’ouvrage de Malebranche, la Recherche de la vérité.

Dans une de ses boutades coutumières, Jean-Jacques Rousseau nous a formellement avertis de sa haine du papier imprimé : « Je hais les livres ; ils n’apprennent qu’à parler de ce qu’on ne sait pas[300.3] ». Ce qui ne l’empêchait point, bien qu’ayant « très peu lu durant le cours de sa vie[300.4] », d’avoir tant fréquenté, surtout dans sa jeunesse, — et fréquenté presque

[II.316.300]
  1.  Supra, chap. v, p. 143, n. 1.  ↩
  2.  Supra, t. I, p. 249.  ↩
  3.  Émile, livre III, t. I, p. 563. (Paris, Hachette, 1862.)  ↩
  4.  David Hume, lettre citée par Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. II, p. 79. Cf. supra, chap. iv, p. 134, n. 2.  ↩

Le Livre, tome I, p. 249-273

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 249.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 249 [273]. Source : Internet Archive.

d’Archimède, de Pline (l’Ancien), de Cicéron et de Sénèque (le Philo­sophe ?)[249.1]. Jeune, lorsqu’il étudiait les langues anciennes, il donnait la préférence à Tite-Live et à Virgile, et, dans sa vieillesse, il pouvait encore réciter Virgile presque tout entier mot pour mot[249.2].

Charles XII, roi de Suède, (1682-1718), avait pour Quinte-Curce une prédilection particulière, due à son vif désir de ressembler au héros de cet historien.

Le célèbre marin et ingénieur militaire Renau d’Éliçagaray, dit Petit-Renau (1652-1719), collaborateur et ami de Vauban, manifestait, paraît-il, une aversion prononcée pour tous les livres, à l’exception d’un seul, la Recherche de la vérité, de Malebranche[249.3].

L’érudit Pierre-Daniel Huet, évêque de Soissons, puis d’Avranches (1630-1721), nous apprend « qu’il avait coutume, — dans sa jeunesse tout au moins, — chaque printemps, de relire Théocrite sous l’ombrage renaissant des bois, au bord d’un ruisseau et au chant du rossignol[249.4] ».

[I.273.249]
  1.  Peignot, op. cit., t. I, p. 194.  ↩
  2.  Id., ibid. ; et Fontenelle, Éloge de M. Leibnitz, Œuvres choisies, t. III, p. 183. (Paris, Jouaust, 1883.)  ↩
  3.  Cf. Peignot, op. cit., t. I, p. 366.  ↩
  4.  Sainte-Beuve, Portraits littéraires, t. III, pp. 49 et 452.  ↩