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Le Livre, tome II, p. 152-168

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 152.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 152 [168]. Source : Internet Archive.

et hautes considérations formulées à leur sujet par trois éminents bibliographes du siècle dernier, Hippolyte Rigault (1821-1858), Édouard Laboulaye (1811-1883) et le bibliophile Jacob (Paul Lacroix, 1807-1884) :

« Quoi de plus désirable que la passion des vieux livres ? dit Hippolyte Rigault[152.1]. Non des rares et des coûteux : celle-là, c’est le privilège des riches et des enrichis ; encore n’est-elle souvent qu’une passion factice et toute de vanité, une manière de donner à des millions un air intellectuel, chez les faux bibliophiles…. L’amour des vieux livres, humbles, mal reliés, qu’on achète pour peu de chose et qu’on revendrait pour rien, voilà la vraie passion, sincère, sans artifice, où n’entrent ni le calcul, ni l’affectation. C’est un bon sentiment que ce culte de l’esprit et ce respect touchant pour les monuments les plus délabrés de la pensée humaine ; c’est un bon sentiment que cette vénération pour ces livres d’autrefois qui ont connu nos pères, qui ont peut-être été leurs amis, leurs confidents. Voilà les sentiments qu’éveille dans le cœur l’amour des vieux volumes : aimable passion qui est plus qu’un plaisir, qui est presque une vertu…. On compte ses prisonniers avec un air vainqueur ; on les range un par un sur

[II.168.152]
  1.  Ap. Mouravit, op. cit., pp. 170-172.  ↩