Mot-clé - Sorel (Charles)

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Le Livre, tome II, p. 191-207

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 191.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 191 [207]. Source : Internet Archive.

si bon usage que vous, je ne voudrais point du tout qu’elle mît son petit nez ni dans Montaigne, ni dans Charron, ni dans les autres de cette sorte ; il est bien matin pour elle. La vraie morale de son âge, c’est celle qu’on apprend dans les bonnes conversations, dans les fables, dans les histoires, par les exemples ; je crois que c’est assez. »

Un point à remarquer, à propos des romans, c’est, — d’une façon générale, et à part, vu le nombre considérable de ces produc­tions[191.1], à part de rares exceptions : la Princesse de Clèves, Télémaque, Gil Blas, Manon Lescaut, Paul et Virginie, Werther, Notre-Dame de Paris, Madame Bovary, etc., — le peu de durée de leur vogue, leur caractère d’ « ouvrages d’actualité », essentiellement éphémères. Était-ce pour ce motif, cette précarité et fragilité, que Napoléon Ier classait les romans dans « la petite

[II.207.191]
  1.  Déjà du temps de Charles Sorel (1597 [?]-1674) — et que serait-ce aujourd’hui ! — on se plaignait de la surabondante quantité et de l’inutilité des romans : « Aujourd’hui le recours des fainéants est d’écrire et de nous donner des histoires amoureuses et d’autres fadaises, comme si nous étions obligés de perdre notre temps à lire leurs œuvres, à cause qu’ils ont perdu le leur à les faire…. Grâce à nos beaux écrivains, le peuple, voyant tant de recueils de folie que l’on lui donne pour des livres, en a tellement ravalé le prix des Lettres, qu’il ne met point de différence entre un auteur et un bateleur ou un porteur de rogatons, » etc. (Charles Sorel, le Berger extravagant, préface : voir la Vraie Histoire comique de Francion, avant-propos, page 3, note 2. (Paris, Delahays, 1858.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 118-134

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 118.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 118 [134]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 119.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 119 [135]. Source : Internet Archive.

un « Aperçu des principaux ouvrages qui doivent former la base d’une bonne bibliothèque ».

Un catalogue du même genre accompagne l’opuscule de N.-L.-M. Desessarts (1744-1810), Conseils pour former une bibliothèque peu nom­breuse[118.1].

Nous signalerons encore le Plan d’une bibliothèque universellesuivi du Catalogue des chefs-d’œuvre de toutes les langues et des ouvrages originaux de tous les peuples, Qu’Aimé Martin (1781-1844) a inséré à la fin du volume servant d’introduction au Panthéon littéraire[118.2]. Ce « catalogue », très développé, est certainement, avec le « choix » de Gabriel Peignot, ce qu’on a publié de plus judicieux et de plus pratique à ce sujet. Mais l’un aussi bien que l’autre, aussi bien que tous ceux qu’on peut rencontrer et proposer, ont besoin d’une « mise au point » préalable ; car « les livres ont leur temps », « il se trouve une mode pour les livres, de même que pour les éventails, les gants, les rubans et autres merceries ». C’est Charles Sorel (1597 [?]-1674) qui disait cela, il y a plus de deux cents ans, au début de son petit traité De la connaissance des bons livres[118.3], et la remarque est toujours vraie, toujours bonne à rappeler.

[II.134.118]
  1.  Pages 89-105 : en tête du Nouveau Dictionnaire bibliographique portatif du même auteur. (Paris, Desessarts, 1804 ; in-8.)  ↩
  2.  Pages 437-533. (Paris, Desrez, 1837 ; in-8.)  ↩
  3.  Pages 24 et 12. (Amsterdam, Boom, 1672.) Voir aussi, sur le « choix des livres », les pages 49 et suivantes de cet ouvrage de Charles Sorel.  ↩