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Le Livre, tome II, p. 082-098

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 082.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 082 [098]. Source : Internet Archive.

page blanche entre chaque feuillet, et écrivent leurs remarques sur cette page[082.1]. Mais nombre de travailleurs et de liseurs préféreront toujours se servir des marges pour leurs annotations manuscrites.

Il n’est guère de véritable ami des livres et des lettres qui ne l’ait commise, cette profanation, qui n’ait perpétré ce prétendu crime d’annotation, et ne se soit livré à cette muette mais délectable et très profitable causerie. Le Tasse a annoté plus de cinquante de ses volumes. Alde et Paul Manuce, Scaliger, la reine Christine de Suède, avaient la même « manie »[082.2] ; Montaigne aussi[082.3] ; La Fontaine pareil­lement[082.4]. « La signature de Jacques-Auguste de Thou se lit sur quelques-uns des beaux volumes qui

[II.098.082]
  1.  C’est ce que faisait Fontanes : « … Fontanes avait souvent passé sa journée à relire quelque beau passage de Lucrèce et de Virgile ; à noter sur les pages blanches intercalées dans chacun de ses volumes favoris quelques réflexions plutôt morales que philologiques, quelques essais de traduction fidèle, » écrit Sainte-Beuve (Portraits littéraires, t. II, pp. 291-292), — Sainte-Beuve, qui ne se privait pas, lui non plus, d’annoter ses livres, habitude qu’avait aussi son père (cf. Jules Troubat, Essais critiques, p. 262 ; et Id., Sainte-Beuve. Conférence faite le 11 décembre 1904 : Chronique des livres, décembre 1904, p. 5 du tirage à part).  ↩
  2.  Cf. Ludovic Lalanne, Curiosités bibliographiques, pp. 346-347, où figurent encore d’autres noms d’annotateurs de livres.  ↩
  3.  Cf. supra, p. 69.  ↩
  4.  « J’ai tenu, dit l’abbé d’Olivet, des exemplaires (de Plutarque et de Platon, qui avaient appartenu à La Fontaine) « … ils sont notés de sa main à chaque page ; » et la plupart de ses notes étaient des maximes de morale et de politique, qu’il a semées dans ses fables. » (Peignot, Manuel du bibliophile, t. I. pp. 141-142.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 204-228

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 204.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 204 [228]. Source : Internet Archive.

je me rattache aux Lettres seules, le plus sûr des amours. Mais je n’en sépare pas ce qui en fait la force et l’honneur, je veux dire le sérieux et le vrai de la pensée[204.1]. »

Un secrétaire de Sainte-Beuve, l’érudit et fin critique Jules Levallois (1829-1903)[204.2], l’auteur de Cri-

[I.228.204]
  1.  Sainte-Beuve, Correspondance, t. II, p. 228.  ↩
  2.  « Après lui [M. Octave Lacroix], j’eus presque immédiatement pour secrétaire un homme, très jeune alors, et dont le nom, aujourd’hui bien connu, est, à lui seul, un éloge. M. Jules Levallois… » [Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis, t. IV, p. 460, Appendice (1865)]. « … Un jeune écrivain, M. Jules Levallois, qui unit le goût vif des arts au sentiment des Lettres…. » (Id., Port-Royal, livre VI, t. V, p. 477, note.) « Jules Levallois… l’un des plus éminents critiques du xixe siècle. » (Jules Troubat, Sainte-Beuve intime et familier, p. 14. Paris, L. Duc, 1903. In-8, 31 pp.) « … Il y eut une heure où Jules Levallois, qui n’était plus, depuis des années, qu’un philosophe résigné, fut une puissance en littérature. Adolphe Guéroult, le fondateur de l’Opinion nationale, qui se connaissait en hommes, l’avait chargé de la critique littéraire dans son journal, et Jules Levallois fut là pour les livres ce que Francisque Sarcey fut pour les théâtres. Les « Variétés littéraires » de Levallois étaient aussi lues dans le corps du journal que la « Causerie dramatique » au bas du feuilleton. Et, pour toute une génération, consacrée aujourd’hui par la gloire, pour les Goncourt, pour Zola, pour Daudet, Jules Levallois fut « le bon juge », et, à ses heures, mérita d’être — alors que Schérer et Montégut écrivaient encore — regardé comme le successeur direct de Sainte-Beuve, dont il avait été le secrétaire…. Jules Levallois était un esprit supérieur que hantaient les problèmes de la destinée humaine ; mais… c’était aussi un esprit charmant, très brillant et très gai, qui séduisait tous ceux qui l’approchaient. » (Jules Claretie, le Figaro, 18 septembre 1903. Un secrétaire de Sainte-Beuve.)  ↩