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Le Livre, tome I, p. 250-274

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 250.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 250 [274]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 251.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 251 [275]. Source : Internet Archive.

Louis de Longuerue, savant critique (1652-1723), estimait si peu les poètes, qu’à sa mort on n’en trouva pas un seul dans sa bibliothèque. Il les considérait comme des écrivains frivoles, qui n’apprennent rien : quand on a quelque chose à dire, on le dit en prose[250.1]. L’abbé de Longuerue avait cependant lu beaucoup de poèmes, et, dans une conversation qu’il eut un jour avec Louis Racine, il passa en revue les principaux poètes, et dit son fait à chacun. Il n’épargna que l’Arioste : « Pour ce fou-là, il m’a quelquefois amusé ». Cette antipathie pour les vers et pour les poètes se retrouve chez d’autres grands écrivains, chez Pascal, par exemple[250.2]. Duclos, quand

[I.274.250]
  1.  « Pour écrire en prose, il faut absolument avoir quelque chose à dire. Pour écrire en vers, ce n’est pas indispensable. » (Mme Ackermann, Pensées d’une solitaire, p. 26.) « La poésie est un mensonge. Les gens qui veulent dire nettement leur pensée la disent en prose. » (Louis Ulbach, la Confession d’un abbé, p. 80.)  ↩
  2.  Cf. Pensées, Art. VII, § 25 (Œuvres complètes, t. I, p. 289 ; Paris, Hachette, 1860 ; in-18) : « On ne sait pas en quoi consiste l’agrément, qui est l’objet de la poésie. » Etc. Parmi les dépréciateurs de la rime et des vers, on cite encore Malebranche, La Motte et l’abbé Prévost…. Stendhal en voulait particulièrement au vers alexandrin, qu’il prétendait n’être souvent qu’un cache-sottise, et comparait « à une paire de pincettes brillantes et dorées, mais droites et roides ». (Sainte-Beuve, Portraits contemporains, t. II, p. 178, n. 1 ; Causeries du lundi, t. IX, p. 317 ; et Tableau de la poésie française au xvie siècle, p. 61, n. 2 (Paris, Charpentier, 1869). « … Malgré son essai de tragédie en vers de Cromwell, malgré les deux fragments versifiés reproduits dans ses Œuvres complètes, H. de Balzac affirmait n’avoir jamais pu assouplir sa plume à écrire de ces phrases en lignes inégales, terminées chacune par une assonance. Il avait peut-être, sur la versification, les mêmes idées que Stendhal, lequel disait qu’un rimeur lui faisait l’effet d’un homme qui, ayant l’usage de ses deux jambes, s’astreindrait à marcher à clochepied. » (Julien Lemer, Balzac, sa vie, son œuvre, p. 247. Paris, Sauvaitre, 1892.)  ↩